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Recrutement d’une firme pour l’élaboration d’un guide modulaire de formation des formateurs sur la Violence Basée sur le Genre et la Masculinité Positive et d’autres outils de soutien a la formation des jeunes.
Procurement Process :RFQ - Request for quotation
Office :UNWOMEN - HAITI
Deadline :24-Jan-20
Posted on :22-Nov-19
Development Area :SERVICES  SERVICES
Reference Number :61533
Link to Atlas Project :
Non-UNDP Project
Documents :
Termes de references
Overview :

Bien que la situation actuelle d'Haïti ne puisse être décrite comme une situation de conflit ou de post-conflit à proprement parler, Haïti est considéré comme un État fragile, caractérisé par des crises politiques et de gouvernance récurrente, accompagnées d'une grave dégradation de l'économie, de la sécurité, des moyens de subsistance et en particulier des relations entre l'État et ses citoyens. Ces facteurs sont également associés à un risque élevé d’exposition du pays aux catastrophes naturelles et une capacité limitée à prévenir et réduire l’impact de ces catastrophes. Dans un passé récent, Haïti a dû faire face à une série de chocs graves qui ont encore plus fragilisé le pays, le laissant dans un état de dépendance à l’aide humanitaire et de relèvement presque constant.

Malgré les avancées en matière de stabilisation du pays, les nombreuses discriminations auxquelles font face les jeunes, en termes d’accès à l’emploi, aux services sociaux et à la participation aux affaires publiques peuvent parfois déclencher un cercle vicieux de transmission intergénérationnelle de la pauvreté, de vulnérabilité, d’agitation et d’instabilité. En Haïti, 58% de la population à moins de 24 ans - un chiffre qui devrait augmenter de 7% d'ici 2030. Cette génération a grandi au milieu de l'instabilité politique, des coups d'État militaires, des manifestations civiles et de taux élevés de criminalité liée aux gangs. En outre, ces jeunes ont survécu à plusieurs désastres naturels (ouragans, tremblement de terre de 2010), qui constituent des expériences de violence et de chocs ayant un impact négatif. En général, les jeunes en Haïti sont frustrés car ils sont davantage exposés au chômage et au risque d’exclusion du marché du travail, ne disposent souvent pas d’espaces publics pour les loisirs ou pour socialiser entre eux et ne participent pas suffisamment aux affaires publiques de leur ville. Les jeunes travaillent donc avec peu de moyens pour promouvoir la paix, à travers des interventions dans différents domaines tels que l’éducation, l’emploi, la culture et les sports, le genre, la participation et la justice.

Le présent projet déroulera ses actions dans la commune de Jérémie, ville principale du Département de la Grande Anse, lourdement touché par le cyclone Mathieu d’octobre 2016. Ce projet intervient précisément suite au constat d’une recrudescence de la violence, en particulier en termes d’agressions et de tentatives de viol, après le passage du cyclone qui a provoqué, entre autres, d’importants dégâts en matière de logements et de production agricole, et est à l’origine d’un déplacement important de population des zones rurales vers les villes. Ceci a généré la constitution d’établissements spontanés, accentuant la densité urbaine, la pression sur les services de base, la promiscuité, l’aggravation des conditions sociales et sanitaires et également sécuritaires. A la lumière de ce contexte, il paraît judicieux et nécessaire d’intervenir rapidement à Jérémie afin d’éviter que la situation ne se dégrade et ne se rapproche progressivement de la situation de certaines aires métropolitaines de Port-Au-Prince comme Cité Soleil ou Bel Air.

Une des principales sources de conflit en Haïti, et Jérémie ne fait pas exception, consiste en l’absence d’un véritable contrat social entre les administrations (nationale et locales) et les populations, en particulier les jeunes. L’absence d’espaces formels de participation des jeunes à la vie politique de la ville et le manque d’espaces publics, d’instruments et de plateformes pour le dialogue et la résolution pacifique des conflits entre les différents acteurs sociaux ne fait qu’affaiblir le lien, déjà précaire, entre les institutions de Jérémie et sa jeunesse. La participation politique des jeunes est également compromise compte tenu du fait qu’une grande partie de ces derniers ne possèdent pas de documentation civile (acte de naissance) et sont donc dans l’impossibilité de participer en votant aux élections. Les jeunes se sentent souvent marginalisés et exclus de processus décisionnels qui affectent pourtant directement leur vie quotidienne. Ne disposant pas de voies formelles et institutionnelles pour exprimer leurs opinions et leurs frustrations, les jeunes de Jérémie ont souvent recours à la violence en participant à des manifestations virulentes qui paralysent la ville.

Un déficit est également constaté à Jérémie en matière d’accès à des discours favorables à une culture de paix et de prévention de la violence, que ce soit dans les écoles ou à travers les moyens de communication communautaires. Il existe un certain conflit générationnel et une image peu valorisante des jeunes de Jérémie, souvent perçus comme victimes ou comme instigateurs de violence mais rarement comme des agents positifs de changement et de construction de la paix dans les communautés. Les jeunes de Jérémie se plaignent du manque d’opportunités économiques et d’un accès insuffisant aux services sociaux de base, mais s’engagent rarement dans des activités civiques ou des actions collectives au sein de leurs communautés.  Ils regrettent également l’absence d’espaces publics aménagés où ils puissent se retrouver et se réconcilier avec leur ville.

Dans ce contexte, construire la paix et la sécurité durables dans les quartiers de Jérémie est une tâche complexe qui nécessite une intervention holistique incluant toutes les dimensions du développement.  En ce sens, les conflits et la violence ne pouvant être résolus uniquement par une approche sécuritaire et de renforcement de l’état de droit, cette intervention prend en compte la prédominance de la violence dans plusieurs cercles de socialisation des jeunes, notamment les quartiers, les familles, les écoles, les associations de sports ou les lieux de travail.

C’est dans ce contexte qu’ONU Femmes sous l'autorité de la Représentante et la supervision de la Spécialiste de Programme et du Gestionnaire du Projet dans la Grand Anse, souhaite recruter une firme pour l’élaboration d’un guide modulaire de formation des formateurs sur la Violence Basée sur le Genre et la Masculinité Positive et d’autres outils de soutien a la formation des jeunes.

 

Errata: La publication a ete ouverte pour une semaine supplementaire delai de publication : 24 Janvier 2020